• Atelier,  Textes

    Comme un air de fin de vacances

    C’est lundi. C’est gris. Tu es rentré de vacances. Pas envie de finir de déballer ce sac dans le couloir qui signifierait à coup sûr la fin de l’insouciance. Encore moins de réfléchir à renouveler ton abonnement aux transports vraiment trop en communs de cette ville dont tu aimerais bien ne plus te souvenir. Ta moitié s’est barrée en laissant un post-it moisi. La mayo aussi. Tes voisins sont cons. Ils ont un animal bruyant que tu voudrais libérer et avec lequel tu pourrais même devenir pote tellement ils sont cons. La boulangère ne te sourit plus. T’as pas d’fric. Ou alors t’en as trop. T’aimes pas le vert sauf celui de ses yeux. T’aimes que le gris comme les miens. Tu te demandes si le t-shirt à rayures que tu as oublié à la rivière sera encore là l’année prochaine. Tu fermes les yeux et tu repenses à l’odeur de la pierre mouillée et chaude. Foutues cigales quand même.

    Tu ne trouveras peut être pas toutes les réponses aux questions qui te taraudent ici. Mais mes dessins racontent la vie, alors tu t’y retrouveras peut être.


  • Carnets,  Textes

    Le Fou ~ Acrylique & Encre de Chine ~ Dans le train, Février 2018

    Févier 2018. Je prends le train, comme souvent.

    Je sors mes pinceaux, prépare mes carnets, m’apprête à noircir du papier pour oublier, me concentrer, comme on avale des kilomètres pour s’éloigner, se rapprocher, d’ailleurs c’est exactement ce que je fais. Comme souvent.

    Un peu plus loin un homme me demande s’il peut me regarder peindre, comme souvent aussi. Je réponds que oui bien sûr, comme toujours.

    Les paysages défilent et au fur et à mesure que mon encre se dilue sa langue se délie. Il parle. Me parle. Beaucoup. Trop même. Je tremble un peu et j’essaie de rester concentrée. Je l’écoute, en essayant de faire en sorte d’entendre ses mots mais qu’ils ne fassent que me traverser. J’avance avec le train et les mots défilent avec le paysage. Du moins c’est ce que j’essaie d’orchestrer.

    Sa mère. Sa mère l’empêchait de dessiner. Sa mère jetait ses dessins, les détruisait, lui interdisait de dessiner, le punissait s’il le faisait. Il est à la fois très nerveux mais il ne semble pas y avoir de colère dans son propos. Un couple pas très loin observe et écoute la scène, un peu atterrés. J’ai l’impression que nous ne sommes que tous les quatre dans le wagon. L’ambiance est à la fois pesante, inquiétante et apaisante. C’est assez indescriptible. Je ne me souviens que de la lumière (comme souvent) assez criarde ce jour là. Presque trop lumineuse. Peut être que sa mère était dans ce soleil d’hiver.

    Le train est arrivée en gare, je me suis empressée de ranger mes affaires et le monsieur m’a remerciée pour tout. C’était fou.

    J’ai d’ailleurs appelé ce dessin “Le Fou”, mais ça n’est en aucun cas une référence au monsieur. Plutôt à la situation. le fou comme on pourrait le dire avec un accent anglais, parce que ni les règles ni les langues ne seraient respectées. Le fou comme le lapin le mur le temps l’après.

    Le Fou ©PeggyAnnMourot
    Le Fou framed ©PeggyAnnMourot

  • Expositions,  Textes

    Exposition Escale Au Poivre d’Âne ~ Librairie Au Poivre d’Âne ~ La Ciotat ~ Mai / Septembre 2019

    C’est l’histoire d’une fille qui traîne en librairie depuis toujours et qui y expose ses dessins.
    Si tu aimes les ports, les livres, les chantiers navals, les dessins, la mer, les chats, les bateaux, les filles, viens.

    Résumé des épisodes précédents :
    J’ai donc posé mes valises à La Ciotat. Il y a un an déjà. Mon homme, le chantier naval, la mer, le chat, tout ça.
    À la surprise générale, j’ai assez rapidement traîné mes basques dans la librairie de Valérie. De fil en aiguilles et de verres de vin en verres de blanc je finît sur un escabeau à accrocher mes dessins dans la librairie. Une quinzaine environ. Des petits et des plus grands.

    On y trouve mes dessins réalisés pour Fantasma ainsi que le dit ouvrage aux sémillantes éditions Joie Panique et ce durant tout l’été au moins.
    On y trouve également Toxoplasma de Calvo avec une de mes encres dedans et des ex-libris que j’ai réalisés avec mes mains.
    On y trouve également Peggy avec ses crayons ou ses pinceaux ça dépend, le dimanche matin en général, entre 10h30 et 11h30 parfois un peu plus.

    Exposition Escale Au Poivre d’Âne ~ 46, Quai françois Mitterrand (vieux port) 13 600 LA CIOTAT

    Du lundi au samedi de 10h à 20h & le dimanche matin de 10h à 13h ~ 20 Mai 2019 / 20 Septembre 2019

    Expo-Escale-à-Poivre-dÂne

  • Peinture

    Before the 7th day ~ Indian Ink & Acrylic

    Dead Island ©PeggyAnnMourot
    Dead Island ©PeggyAnnMourot

    7 jours. 7 jours pour ce livre qui me tient tant à cœur.


    Une éternité à faire la pitre, à faire les yeux doux, à faire l’ourse savante. Pourtant je ne suis rien qu’une enfant qui danse, les pinceaux dansent aussi, tout le monde danse, personne ne sait jamais vraiment rien. Aujourd’hui, demain, sept jours, ça n’est rien. Je veux juste continuer à peindre, à danser, à faire miroiter le noir miroir mon amour. Que les mots dansent autour. Le livre s’appelle Gryyym. J’en ai parlé mille fois sans doute, peut être trop peut être pas assez le saurons nous un jour ? Pour le voir un jour toujours et l’avoir entre les mains ce jour là il faut être là aujourd’hui, maintenant, demain, dans sept jours au plus tard. Après, fini, envolé, au revoir, adieu, toujours, perdu dans l’oubli comme la colombe sous la pluie et le blond rugueux. Rejoins moi, on n’a qu’une vie.


    Si tu veux en apprendre un peu plus sur ma folie, lis ici
    https://www.kisskissbankbank.com/…/projects/gryyym/tabs/news