• Atelier,  Carnets,  Encre de Chine

    Au revoir…tu vas vraiment beaucoup me manquer.

    C’est étrange, je ne sais pas toujours bien ni à l’avance ni combien je tiens à mes dessins. Parfois c’est immédiat, et l’idée de m’en séparer est insupportable. Et puis parfois ce sentiment s’atténue avec le temps. Non pas parce que je les aime moins, mais parce que le chemin à parcourir ensemble est parcouru et nous pouvons nous séparer sereinement. Et puis parfois, comme ce matin, je suis parcourue d’une légère panique à l’idée de m’en séparer. Alors je l’ai regardé sous toute les coutures, sous différents angles de lumière, je l’ai pris plusieurs fois en photo. Mes doigts fébriles ont repoussé les papiers d’emballage et le moment où je devais me décider. Cela peut sans doute sembler idiot mais je ne sais pas être autrement. Tout est vie tout est montagne, mes dessins sont en moi je suis en eux, je suis l’encre je suis le poisson. Au revoir un peu de moi. Tu vas vraiment beaucoup me manquer.

    °o°o°o°O°O°O-©PeggyAnnMourot
    ©PeggyAnnMourot

    °o°o°o°O°O°O ~ Encre de Chine ~ 18×24 ~ (collection privée)


  • Carnets,  Textes

    Le Fou ~ Acrylique & Encre de Chine ~ Dans le train, Février 2018

    Févier 2018. Je prends le train, comme souvent.

    Je sors mes pinceaux, prépare mes carnets, m’apprête à noircir du papier pour oublier, me concentrer, comme on avale des kilomètres pour s’éloigner, se rapprocher, d’ailleurs c’est exactement ce que je fais. Comme souvent.

    Un peu plus loin un homme me demande s’il peut me regarder peindre, comme souvent aussi. Je réponds que oui bien sûr, comme toujours.

    Les paysages défilent et au fur et à mesure que mon encre se dilue sa langue se délie. Il parle. Me parle. Beaucoup. Trop même. Je tremble un peu et j’essaie de rester concentrée. Je l’écoute, en essayant de faire en sorte d’entendre ses mots mais qu’ils ne fassent que me traverser. J’avance avec le train et les mots défilent avec le paysage. Du moins c’est ce que j’essaie d’orchestrer.

    Sa mère. Sa mère l’empêchait de dessiner. Sa mère jetait ses dessins, les détruisait, lui interdisait de dessiner, le punissait s’il le faisait. Il est à la fois très nerveux mais il ne semble pas y avoir de colère dans son propos. Un couple pas très loin observe et écoute la scène, un peu atterrés. J’ai l’impression que nous ne sommes que tous les quatre dans le wagon. L’ambiance est à la fois pesante, inquiétante et apaisante. C’est assez indescriptible. Je ne me souviens que de la lumière (comme souvent) assez criarde ce jour là. Presque trop lumineuse. Peut être que sa mère était dans ce soleil d’hiver.

    Le train est arrivée en gare, je me suis empressée de ranger mes affaires et le monsieur m’a remerciée pour tout. C’était fou.

    J’ai d’ailleurs appelé ce dessin “Le Fou”, mais ça n’est en aucun cas une référence au monsieur. Plutôt à la situation. le fou comme on pourrait le dire avec un accent anglais, parce que ni les règles ni les langues ne seraient respectées. Le fou comme le lapin le mur le temps l’après.

    Le Fou ©PeggyAnnMourot
    Le Fou framed ©PeggyAnnMourot
    Le Fou ©PeggyAnnMourot

  • Atelier,  Carnets,  Encre de Chine

    Carnet de train #1

    Souvenir. Premier dessin de carnet dans le train, lorsque j’ai entrepris de faire des trajets réguliers entre Montpellier et Marseille. L’encre de Chine qui bouge, le train qui bouge, tout qui bouge. Plus un test sur les nuances qu’un grand dessin mais la lumière est là et j’ai de l’affection pour lui.
    Le premier d’une longue série au final.

    Carnet 1 ©PeggyAnnMourot
    Carnet 1 ©PeggyAnnMourot