• Dessins,  Peintures,  Publications,  Textes

    Proton

    Proton ~ Encre de Chine, Acrylique, Pastels & Fusain pour la ville au loin qui fut un enfer ~ 30×42

    Il y a deux mois jour pour jour, une nuit, j’ai fait ce dessin.
    Je l’ai continué le lendemain à la lumière du jour. Comme parfois, chez moi, il y a du temps de séchage entre différentes étapes et différents matériaux. Et puis il faut bien dormir aussi. J’y ai passé quelques heures. À dormir et sur le dessin aussi. Je crois que mes dessins sont des captures du moment où je les effectue. Ainsi je trouve naturel de manger dormir et me réveiller avec. Naturel ou nécessaire je ne sais. Parfois c’est court, le temps d’un trajet, le temps d’un café, parfois le temps d’un bout de vie un peu plus long. Probablement que tout ça est au fond l’illustration du temps de ma vie. Dans tous les cas il y a presque toujours un déroulement similaire, qui correspond à ma manière d’envisager le monde et la vie. J’ai besoin de penser toucher et sentir les choses, les vivre. Dans ce cas il s’agissait d’illustrer une nouvelle de quelqu’un que je connais très bien et dont les textes sont complexes et fous. Nos folies sont différentes mais nous présentons les mêmes aspérités. Les siennes sont linguistiques les miennes plastiques. Les textures la températures le volume sonore. Alors j’ai lu son texte. Et voilà. J’aime beaucoup ce dessin et je suis un peu émue aussi. Parce que c’est le premier que je montre d’une nouvelle vague disons, entamée à l’automne. Je m’en rends compte.

    NB 1 : La version originale d’un dessin publié en N&B dans le prochain numéro de Bifrost aux Éditions Le Bélial’ et illustrant une nouvelle de Calvo intitulée « Baiser la Face Cachée d’un Proton ». La version N&B suit avec plus d’infos.

    NB 2 : Je prévois des tirages numérotés et signés de ce dessin (affiches et ExLibris).

    Proton ©PeggyAnnMourot
    ©PeggyAnnMourot
  • Dessins,  Encre de Chine,  Textes

    Le noir, la lumière, la vie, la mort.

    Pas mal de changements en 2020 de mon côté. Conséquences du processus des mois précédents bien sûr, des années même, mais pas seulement. Probablement quelque chose de l’ordre de la radicalisation. Artistique je veux dire.
    Et humaine aussi. Oui je sais, ça semble difficilement possible et pourtant ça va être le cas, ça a déjà commencé.
    Mais bon on s’en fout. Le noir, la lumière, la vie, la mort. Et de l’Encre de Chine donc.
    ©PeggyAnnMourot
  • Encre de Chine,  Textes,  WIP

    Ces détails

    Ces détails que l’on ne voit pas si l’on n’y prête pas naturellement attention.

    J’aurais pu faire une blague, dire que j’ai commencé de nouveaux dessins, qu’une nouvelle ère semble se profiler, que tout est âpre, abrupte, résistant, bon, naturel, intrigant, agréable, curieux, incertain, etc etc. Et puis montrer des extraits, ou pas. Car tout ça est effectivement le cas et je pense tout ça. Mais mon attention s’est portée sur ce détail, à la marge, presque en dehors. Cette encre qui suinte, cyprine du dessin, qui s’échappe. Parois je m’arrête et je la regarde s’écouler, se glisser entre le scotch et le papier, là où un filet d’air l’appelle car je n’ai pas pris garde. Peut être suis-je tout simplement un peu trop libertaire et voilà ce qui arrive. Bref. J’ai commencé de nouveaux dessins.

    ©PeggyAnnMourot
  • Dessins,  Encre de Chine,  Peintures,  Textes

    Autumn

    L’automne. Le souvenirs des couleurs folles des feuilles de vignes que j’aime tant, du vert tendre aux bruns rouges, pas une ne se ressemblait. J’aurais voulu toutes les passer sur mes joues une par une, m’en faire un lit immense où résonnerait nos rires et nos amours. C’est là, sous mes paupières, au bout de mes doigts, je les ai toutes gardées près de moi. Je trace chaque jour des bribes de mes souvenirs au pinceau, pour les immortaliser à nouveau, encore, ris, encore, le froid me pique les joues mais le soleil les réchauffe.
    Autumn ©PeggyAnnmourot
  • Dessins,  Peintures,  Textes

    L’Arbre d’Ys

    Heureusement, une fois que les hommes se seront tous auto-exterminés, la nature reprendra enfin ses droits. Elle pourra à nouveau laisser ses racines baiser la roche et les ruines de notre civilisation qui n’avait de grand que le nom, fouiller la terre humide et se déverser sur ses flancs comme son foutre sur ma peau.

    L’Arbre d’Ys ~ Encre de Chine, Acrylique, Pastels ~ 21×29

    L’Arbre d’Ys ©PeggyAnnMourot
  • Dessins,  Peintures,  Textes

    Lumière

    Je ne lutte pas contre mes dessins, j’attends qu’ils m’appellent. Non pas que je baisse les bras ni même que je ne sois pas persévérante, mais ça n’est pas comme ça que ça se passe. Pas pour moi du moins. Je réalise aujourd’hui qu’il faut peut être y voir une posture que j’ai adoptée de manière générale. Si je puis être assez prompt au débat à l’argumentation au conflit si besoin sur bien des points, la création est pour moi un processus d’apaisement. Nécessairement. La pierre peut être rugueuse, ça n’est pas un problème pour moi. Froide parfois. Glissante souvent. Bien des choses se supportent, se contournent, non pas avec ruse mais avec intelligence et patience. Attendre de reprendre des forces, de reprendre ses esprits, pour finalement voir cette faille que l’on avait négligé et qui nous permettra d’avancer. Mes dessins sont comme des fantômes. Ils ne sont pas toujours disponibles, disposés. Et moi non plus. Lorsque ça arrive, je fais autre chose. Ou je commence un autre dessin, sans autre but précis que de chercher la lumière. Et ça donne ça.

    Lumière ~ Technique Mixte sur Bamboo Hahnemühle 265g ~ 24×32

    Lumière ©PeggyAnnMourot
  • Peintures,  Textes

    Lucifer Rising

    Ces peintures pleines de défauts, faites en dépit du bon sens, dans un mélange d’excitation et de désespoir. Mais où je parle néanmoins, qui me répondent néanmoins. Dois-je y voir un simple reflet de mes propres imperfections ? De ce désarroi mais aussi de cette obstination qui me caractérisent aussi ? Merci à elles en tout cas. Sans elles je suis beaucoup plus fragile.

    Lucifer Rising ~ Acrylique & Encre de Chine ~ 24×32

    Lucifer Rising ©PeggyAnnMourot
  • Textes

    « Spooky »

    Tu n’aimes pas faire les magasins. D’ailleurs tu n’aimes pas noël. À la fois c’est loin…enfin c’est ce que tu aimerais croire. Dimanche soir. Le téléphone n’a pas encore sonné. Étrange. Tu essaies de te rappeler la dernière fois que ta mère t’a appelé. Ce geste agacé de la main comme pour repousser une mouche qui n’existe pas et cette idée qui te fait frémir. Demain sans doute. Elle appelle souvent le lundi soir. La télécommande est loin elle aussi. Viendras tu cette fois-ci ? Tu sais combien cela ferait plaisir à ton père. La fatigue t’envahit. Tu balances la tête en arrière mais rien à faire. La mâchoire serrée, tu tires une longue bouffée sur cette cigarette. Tu sais d’avance que tes silences te trahissent. Non non non, je ne peux pas…tu sais…le boulot. La prochaine fois peut-être.

    Dimanche 6 Octobre 2019 21h18 ~ Brèves Fictions (extrait)

    ©PeggyAnnMourot

  • Peggy Ann Mourot,  Textes

    Comme un air de fin de vacances

    C’est lundi. C’est gris. Tu es rentré de vacances. Pas envie de finir de déballer ce sac dans le couloir qui signifierait à coup sûr la fin de l’insouciance. Encore moins de réfléchir à renouveler ton abonnement aux transports vraiment trop en communs de cette ville dont tu aimerais bien ne plus te souvenir. Ta moitié s’est barrée en laissant un post-it moisi. La mayo aussi. Tes voisins sont cons. Ils ont un animal bruyant que tu voudrais libérer et avec lequel tu pourrais même devenir pote tellement ils sont cons. La boulangère ne te sourit plus. T’as pas d’fric. Ou alors t’en as trop. T’aimes pas le vert sauf celui de ses yeux. T’aimes que le gris comme les miens. Tu te demandes si le t-shirt à rayures que tu as oublié à la rivière sera encore là l’année prochaine. Tu fermes les yeux et tu repenses à l’odeur de la pierre mouillée et chaude. Foutues cigales quand même.

    Tu ne trouveras peut être pas toutes les réponses aux questions qui te taraudent ici. Mais mes dessins racontent la vie, alors tu t’y retrouveras peut être.

    ©PeggyAnnMourot


  • Carnets,  Textes

    Le Fou ~ Acrylique & Encre de Chine ~ Dans le train, Février 2018

    Févier 2018. Je prends le train, comme souvent.

    Je sors mes pinceaux, prépare mes carnets, m’apprête à noircir du papier pour oublier, me concentrer, comme on avale des kilomètres pour s’éloigner, se rapprocher, d’ailleurs c’est exactement ce que je fais. Comme souvent.

    Un peu plus loin un homme me demande s’il peut me regarder peindre, comme souvent aussi. Je réponds que oui bien sûr, comme toujours.

    Les paysages défilent et au fur et à mesure que mon encre se dilue sa langue se délie. Il parle. Me parle. Beaucoup. Trop même. Je tremble un peu et j’essaie de rester concentrée. Je l’écoute, en essayant de faire en sorte d’entendre ses mots mais qu’ils ne fassent que me traverser. J’avance avec le train et les mots défilent avec le paysage. Du moins c’est ce que j’essaie d’orchestrer.

    Sa mère. Sa mère l’empêchait de dessiner. Sa mère jetait ses dessins, les détruisait, lui interdisait de dessiner, le punissait s’il le faisait. Il est à la fois très nerveux mais il ne semble pas y avoir de colère dans son propos. Un couple pas très loin observe et écoute la scène, un peu atterrés. J’ai l’impression que nous ne sommes que tous les quatre dans le wagon. L’ambiance est à la fois pesante, inquiétante et apaisante. C’est assez indescriptible. Je ne me souviens que de la lumière (comme souvent) assez criarde ce jour là. Presque trop lumineuse. Peut être que sa mère était dans ce soleil d’hiver.

    Le train est arrivée en gare, je me suis empressée de ranger mes affaires et le monsieur m’a remerciée pour tout. C’était fou.

    J’ai d’ailleurs appelé ce dessin “Le Fou”, mais ça n’est en aucun cas une référence au monsieur. Plutôt à la situation. le fou comme on pourrait le dire avec un accent anglais, parce que ni les règles ni les langues ne seraient respectées. Le fou comme le lapin le mur le temps l’après.

    Le Fou ©PeggyAnnMourot
    Le Fou framed ©PeggyAnnMourot
    Le Fou ©PeggyAnnMourot