Mon amour, je refuse de te dire adieu.

Mon amour, je refuse de te dire adieu.

Tu es l’amour de ma vie, tu es toute ma vie, mon amoureux, mon meilleur ami, mon meilleur amant, mon confident, celui qui sait tout sur moi, qui connaît chacune de mes failles de mes faiblesses de mes angoisses, tu m’apaises instantanément par ta seule présence tes mots ta voix tes baisers tes bras…la vie sans toi est insupportable.

Je ne verrai plus jamais ton beau sourire le matin, je n’entendrai plus jamais tes Bien dormi ma belle ? Je ne t’embrasserai plus jamais sur le front par derrière quand tu es allongé sur le canapé en te murmurant Mais que tu es beau mon amour je t’aime si fort… Tu ne me serreras plus jamais dans tes bras, si fort que tu me faisais presque mal, nous ne nous promènerons plus en regardant les nuages les pierres les trucs qui poussent partout et en dissertant des heures sur la vie et ses vicissitudes.

Je ne dirai plus jamais non plus Mazette quelles gambettes en te voyant sortir de la douche, tu ne me diras plus jamais J’adore quand tu portes cette robe on voit tes seins et tes hanches, tu ne me diras plus jamais Ma belle dans toute les phrases, même si je suis et resterai ta belle pour toujours et toi mon beau mon amoureux mon renard argenté mon beau lézard.
Nous nous aimions follement.

Je t’ai souvent dit combien je trouvais fou d’être complètement folle amoureuse de toi comme au premier jour et chaque jour plus fort tous les jours encore plus, c’était fou, tu t’approchais m’embrassais et me disais Moi aussi je t’aime très fort bananinette.

Notre maison est pleine de tous ces mots d’amour que tu m’écrivais partout si tu devais aller faire ci ou ça et que je dormais encore, nous conservions tous nos mots. Il y en a plein la cuisine tu es partout. Il y a toujours pleins de mots d’exclamations dans tes mots, Je t’aime fort ! Fort ! Fort ! Des bisous doux et des coeurs dessinés. J’adore tes mots. J’adore tout ce qui est toi et tout ce qui vient de toi. Tout est amour intense et immense.

Je n’entendrai plus jamais non plus les clefs dans la porte et ton fameux Bonjour c’est le tueur à la hache ! Puis tu m’embrassais et allais embrasser minette qui réclamait sa part.
Tu es pour toujours le plus beau le plus doux le plus gentil le plus attentionné le plus patient le plus bienveillant des garçons de tout l’univers et au delà. Tu es amour pur, tu es si lumineux.

Depuis le premier jour où nous nous sommes parlé, il n’y a pas eu un seul jour, pas un seul, où nous ne nous sommes pas parlé, ça n’est jamais arrivé, puis pas un jour où ne nous embrassions pas ne nous touchions pas, pas un jour sans toi. Ça n’existe pas. Ça ne peut pas exister. C’est insupportable. La vie sans toi est insupportable.

Je ne verrai plus jamais tes beaux yeux bruns dorés par le soleil, tu ne m’embrasseras plus jamais dans le cou, je ne sentirai plus jamais ta chaleur.

Ces derniers temps nous parlions beaucoup de ce qui te hantait et te faisait tant souffrir, c’était devenu très douloureux.

Tu ne comprenais pas pourquoi ça arrivait maintenant alors qu’on avait choisi un nouveau départ que nous étions si heureux que nous avions des projets…mais le passé parfois ressurgit.

Alors tu l’as affronté, courageusement, quotidiennement, sans relâche, tu t’es battu comme un lion oui, tu as décidé non seulement d’écrire tes souvenirs, d’écrire sur ton ressenti, d’essayer de comprendre, mais aussi de parler, pas seulement à moi cette fois ci, à deux femmes dont c’est le métier et qui t’ont accompagné, à tes amis, petit à petit, à tes proches, à nos proches et même un peu de manière détachée à d’autres personnes moins proches pour commencer à te délester. Je suis allée voir hier ton tatoueur pour lui annoncer ton décès et tu lui avais un peu parlé à lui aussi, tu étais en train de te libérer du poids, tu y étais presque.

Il y a peu tu as dit, J’ai arrêté de me débattre, maintenant je me bas. C’était juste, et tu te battais très bien. Tu y étais presque. Je suis si désespérée tu sais nous étions si proches du but… il n’y a pas longtemps tu m’as demandé Tu crois que je suis proche de la moitié du chemin ? Absolument je t’ai dit, là c’est dur parce que tu es juste en train d’arriver au sommet il reste quelques mètres, tu y es presque. J’ai retrouvé un message que je t’avais envoyé 44 % ça va aller tu y es presque 🖤
On y était presque oui.

Tu voulais tant retrouver ta tante France que tu avais perdu de vue depuis tant d’années… tu savais que ça t’aiderait car il te manquait tant de réponses et tu avais raison, alors nous avons tout fait pour ça, je t’ai aidé, et nous l’avons retrouvée. Tu es tombé en larmes quand je t’ai dit que je l’avais retrouvée tu m’as dit Oh Merci Peggy… On était très émus tous les deux, tu étais impatient, tu l’as eu à peine une heure après et c’était fantastique. Tout de suite tu as été apaisé, vous vous êtes beaucoup appelés ce jour là et les suivants, tu as pu poser des questions avoir des réponses mais surtout, surtout, tu as pu parler, enfin, et à une personne qui te connaissait, tu as pu lui parler, sans être coupé jugé contredit, tu as pu enfin faire ce dont tu avais besoin depuis toujours.

C’est une femme épatante, formidable. Ça t’a fait un bien immense et je peux te dire aujourd’hui combien nous regrettons amèrement toutes les deux de ne pas avoir trouvé le moyen de la retrouver avant, car tu serais encore là.

Nous devions aller la voir bientôt, et ça nous ravissait, tu te faisais une joie de passer quelques jours de répit et de retrouvailles sereines. Tu n’arrêtais pas de dire que si tu l’avais retrouvée avant tout aurait été différent. Tu avais pourtant bien demandé ses coordonnées à ta mère bien avant de te fâcher définitivement avec elle puis à ton autre tante récemment…mais rien à faire, rien de ce qui t’était pourtant nécessaire, vital, essentiel, ne t’a jamais été accordé et j’en suis si navrée pour toi mon amour…

Bien sûr tu es arrivé à t’en sortir, grâce aux filles, au rock, aux amis, et au fait que tu fonçais tout le temps ça évitait de pense à ce qui fait mal. Mais le mal était fait et le trou béant dans ta construction était là, comme une plaie ouverte, à vif. Tu me disais souvent « J’ai l’impression que je suis comme un écorché. Je sais que tu m’aimes alors tout se réchauffe, mais dessous je suis à vif. » Tu disais aussi que tu avais dû « violer ta conscience » pour t’en sortir. Tu t’excusais toujours car tu savais que cette expression me faisait mal mais elle dit bien ce que tu as fait. Elle dit bien aussi ce qu’il a fallu enfouir. Et qui t’es revenu dans la gueule malheureusement.

Depuis plusieurs mois, tu prenais des notes, quotidiennement. Sur ton état, sur tes angoisses, sur tes souvenirs, sur les conclusions que tu en tirais, et ça avançait.
Tu avais posé des mots, violences infantiles, perverse narcissique, chantage au suicide, manipulations, violences physiques et mentales, humiliations…
« Tu vas t’en sortir… il y a Peggy, elle t’aime & te soutient…
Arête de penser à ta mère… Et stop la culpabilité !!! C’est elle qui a commencé à t’abîmer ! »
Des pages et des pages comme ça… Des heures et des heures à en parler avec moi… avec les femmes qui te suivaient… avec tes amis…tu y étais presque mon amour… Tu avais fait des bonds en avant.

J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour toi, pour tout, pour le chemin parcouru, parti de rien avec plus d’embûches que d’aide c’est le moins qu’on puisse dire, pour ta capacité à apprendre de manière incroyable, pour ton esprit vif, tes connaissances encyclopédiques du punk rock mais pas que, ton travail artistique, ta musique, tout, tu es incroyable, tu es incroyablement beau et talentueux, et incroyablement gentil et doux.

Et j’ai une immense admiration pour le chemin que tu as parcouru ces derniers mois. Arriver à affronter ton passé, celui là même que tu avais bien enfoui pour pas devenir dingue ou faire une connerie tellement c’était insupportable, arriver à l’analyser, arriver à relire ton histoire et les choses que tu avais vécu et à démêler les faits de l’interprétation erronée que tu en avais faite sur la base des mensonges quotidiens que tu avais subis, c’était titanesque. Je ne te dirai jamais assez combien j’étais et je suis fière de toi.



Tu m’as laissé un mot d’amour dans la cuisine comme d’habitude « Je suis allé courir je t’aime très très fort 🖤» et puis tu m’as dit « À tout à l’heure je t’aime » car je me levais.

Et puis tu avais écrit ces dernières lignes dans ton carnet :

« Se désintoxiquer des émotions négatives de l’enfance

Peggy dit que je suis beau comme un diable
Peggy me trouve beau avec ou sans tatoo

J’ai honte – c’est ma mère qui devrait avoir honte
Je n’ai pas à avoir honte »


Comme il manquait un peu d’horreur à l’horreur et que l’indécence n’a pas de limite, ton bourreau s’en prend désormais à moi pour à peu près tout, impossible de vivre en paix et visiblement impossible de mourir en paix non plus.


Je suis tellement désolée désespérée et en colère que tu aies eu à subir tout ça et que ça t’ai bouffé.
Tu ne méritais pas ça, personne ne mérite ça, nous ne méritions pas ça, notre amour ne méritait pas ça.
Je t’aime tellement fort tellement immensément tellement totalement et pour toujours mon amour.

Peggy & Minette

La cérémonie aura lieu au crématorium de St Pierre à Marseille, Mercredi 20 Mai à 15h, pas loin du fameux local que ses amis connaissent bien, j’ai trouvé que c’était ce qui lui ressemblait le plus.
Pas de cérémonie religieuse, il ne l’était pas, pas de fleurs, il les préférait dans les champs, avec ses amis proches, sa tante France et moi même, son amoureuse.
Pour pouvoir enfin, une fois au moins, trouver la paix.

Sylvain mon amour & Minette
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