Jean-Paul Krassinsky (1972 ~ 2026)
Adieu JPK…quelle tristesse…
Hier soir j’ai fini un verre de vin de trop, trop tard, en regardant les murs de mon atelier dans la semi pénombre. Les lueurs extérieures éclairaient mes dessins et tout semblait dérisoire. Le tintement du dernier tram pas loin m’a fait penser à ta gare de Lyon à toi, un instant j’ai cru que tu étais peut être là, dans les ombres fuyantes, comme dans tes aquarelles…
Adieu JPK… Dans ma galaxie personnelle, tu es le tout tout premier à m’avoir acheté un dessin. Je m’en souviens comme si c’était hier, j’étais si fière… D’abord parce que j’ai une très grande admiration pour ton travail, alors ça fait toujours un grand bond dans le cœur, ces moments là, et puis aussi parce que tu es auteur de Bande Dessinée, et que c’est une partie importante de ma vie, la famille de Bande Dessinée, pour celles et ceux qui connaissent un peu mon histoire.
« Ce dessin est mien » as-tu dit. J’étais désemparée, je n’avais même pas encore imaginé vendre un dessin… tu as ri et tu m’as dit « Eh bien réfléchis, ton prix sera le mien ». Je garde en mémoire ce mélange de fermeté et de bienveillance comme une sorte de baromètre indicateur, un point de repère pour moi, de ce que doivent être les rapports entre l’artiste et le collectionneur, et tu étais les deux. Je pense que tu savais très bien que tu me transmettais ça à cet instant. Merci. Et chapeau aussi. Comme tes beaux chapeaux. Un petit côté dandy atypique de la bd ce JPK quand même. C’est un compliment oui.
Adieu JPK… On se connaissait peu au final mais les échanges étaient toujours joyeux et drôles et bienveillants. Que ton chemin soit parsemé de pigments et que ton repos soit doux, nous te promettons de faire de notre mieux, nous te devons bien ça. Je promets moi d’essayer de faire de mon mieux en tout cas. Merci, tellement merci, pour les encouragements quand je ne savais même pas encore que j’avais besoin d’encouragements, les boulevards parisiens et les plages de Roscoff te pleurent aussi.
Merci pour les étincelles.
PS : j’ai vu avec Marie pour le Train Bleu

