Encre de Chine,  Interviews,  Textes

Miranda ~ A vision of William Shakespeare’s The Tempest

“Je ne comprends pas, pourquoi ce dessin s’appelle t’il Miranda ?”
Et bien…d’abord, il n’y a pas forcément à comprendre. J’appelle mes dessins comme je veux. Parfois il y a une explication et elle est évidente, pour moi du moins, parfois elle ne l’est pas et peu importe. On ne peut pas toujours tout comprendre, tout expliquer, ni dans l’art, ni dans la vie. La dissection permanente exténue la poésie. Parfois je sais exactement comment s’appelle le dessin que je suis en train de faire mais très rarement. La plupart du temps c’est le dessin lui même qui me l’avoue une fois celui ci terminé. Parfois, ce sont les mots d’une autre personne en le voyant qui me mettent sur la voie. Peut être n’avais je pas été assez à l’écoute pour ne pas voir l’évidence ? C’est possible. Dans ce cas j’en prends note mais pas ombrage. Mes dessins sont libres, ils ne m’appartiennent pas totalement. S’ils n’ont pas envie de tout me livrer c’est leur droit. Les dessins sont un peu comme les chats. Tu peux les approcher, les toucher, vivre avec, jamais les posséder totalement. Moralement je veux dire. Ni moi ni personne. Ce qui par extension m’amène à cette évidence : nous ne possédons rien.
Pour en revenir à mes dessins et à leurs noms, il peut se passer des mois sans que je sache comment ils se nomment. Il faut être patient. Sensible.
Dans le cas de Miranda, c’est le texte de Shakespeare et ce personnage en particulier qui m’ont beaucoup marquée. Et ce tableau de Waterhouse que j’aime tant. Les deux sont en moi depuis toujours ou presque. Et puis, un jour, la tempête déboule sans que rien ne le laisse présager. Je suis là, sur la rive, je suis Miranda, la vague et la tempête à la fois. Je suis le dessin.
C’est peut être ça l’histoire. Celle de Miranda et la mienne.
Entretiens imaginaires ~ Peggy Ann Mourot ~ Novembre 2018

Indian Ink & Watercolor ~ 30×40 ~ (private collection)

Miranda ©PeggyAnnMourot

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