Survivre ne suffit pas toujours.
Mon amour… non, survivre ne suffit pas toujours.
Je le savais déjà… j’en fais la très douloureuse expérience depuis que ton cœur s’est arrêté. La vie sans toi est insupportable.
Ton absence me dévore et retentit absolument partout. Chaque instant chaque parcelle chaque souffle résonne de ton absence.
Ton cher Noisy est désemparé. Vos rendez vous téléphoniques de 18h tous les deux jours lui manquent et à moi aussi, j’adorais ce rituel et te voir y prendre plaisir.
Il a écrit quelques lignes pour toi, en préambule de son dernier projet. Et puis cette photo de toi que j’avais prise l’été dernier. Rien n’est plus pareil. C’est irréel.
Tu es si beau, tout est irréel, je t’aime si fort, tout est irréel, tu me manques tellement, tout est irréel, la vie sans toi est insupportable, tout est irréel. Je t’aime mon amour, je t’aime immensément…
Ta belle. Peggy
*
A la mémoire de mon ami Sylvain Petit
(alias Johnny Deported, Johnny U.F.O., Jean Ovni…)
On croyait traverser les nuits. C’était elles qui nous traversaient.
Les villes avalent les noms, rongent les visages et repeignent les souvenirs jusqu’à les rendre méconnaissables.
Mais certains fantômes refusent les règles. Ils reviennent dans le bruit des semelles sur le bitume, dans un éclat de rire sans raison, dans une chanson ou-bliée, au détour d’une phrase qui n’avait rien demandé.
On était d’accord sur presque tout,
même quand on n’était d’accord sur rien.
Surtout sur une chose : Survivre ne suffit pas toujours. Alors j’ai laissé quelques traces dans ce livre.
Parce qu’un protocole n’empêche pas de tomber.
Parce qu’il arrive, parfois, qu’un livre tienne lieu de poignée de main.
Pour toi.
Pour tout ce qui demeure.*
Il existe des livres qui racontent une histoire. Celui-ci tente d’en effacer une.
Le présent ouvrage ne constitue ni un roman, ni un essai, ni un recueil de poèmes. Il rassemble un ensemble de fragments ayant survécu à plusieurs procédures de suppression. Les services compétents contestent jusqu’à l’existence de ces documents. Par conséquent, leur présence entre vos mains ne peut être confirmée. Nous ne pouvons donc expliquer pourquoi certains lecteurs y reconnaissent des lieux qu’ils n’ont jamais visités, des personnes qu’ils n’ont jamais rencontrées, ou des souvenirs qui ne leur appartiennent pas.
En cas de sensation persistante de familiarité, poursuivre la lecture. Toute tentative d’interrompre le processus est généralement sans effet.
Car la fin du monde n’a pas eu lieu. Elle a simplement changé d’adresse. Quelque part entre une salle d’attente, un laboratoire abandonné et une vieille chanson dont l’aiguille refuse de quitter le même sillon, des fragments continuent d’apparaître. Des vies rayées des registres. Des souvenirs en panne. Des machines qui rêvent de leurs anciens propriétaires.
Voici leur manuel d’utilisation.
Premier volume du Cycle des multivers recyclés, SAVOIR-VIVRE EN MILIEU HOSTILE explore les réa-lités défaillantes, les mondes en reconstruction et les traces laissées par ce qui aurait dû disparaître.
